lundi 9 novembre 2009

Ah au fait....

.. on ne part pas. J'en suis toute chose. Contente, mais perturbée : je m'y étais si bien préparée...

Gwenaelle Aubry

... a obtenu le Femina pour son livre, personne, que j'ai lu et beaucoup apprécié. Il me semblait avoir des accents de vérités surprenants, surtout dans la mesure où l'on n'invente pas une histoire pareille, mais comme elle a eu le Fémina je découvre que ça n'est en effet pas tout à fait un roman.

Comme c'est étrange. Stupide? Aberrant ? d'être plus émue par une histoire vraie qu'un roman. Ou émue autrement ? Cette nouvelle me permet de comprendre la façon dont j'ai aimé ce livre ; ce n'est pas un texte littéraire, bien qu'il soit écrit ; c'est un texte humain.

En le lisant il m'est venue une idée assez étrange : est-ce que la façon dont nous regardons les autres n'influe pas sur eux ? Si je regardais autrement ma famille (j'ai déjà parfois joué à le faire) ils nous paraîtraient plus aimables. Le regard de Gwenaelle sur son père, dans ce texte, semble plein de tolérance et d'amour et je n'ai pu m'empêcher de l'admirer.

En disant que la façon dont nous regardons les autres infle sur eux, je me suis mal exprimée : j'avais un point de vue plus décisif encore : si je réussissais à construite un texte positif mettant en scène ma famille sous le bon angle, ne les aimerai-je pas plus ? j'ai déjà joué à ce petit jeu troublant avec l'un des membres de ma famille.

En fait je me suis piégée à ce jeu. Voici comment. Je parlais de cette personne (appelons là Béa) à une certaine Emma. En la décrivant, j'ai dit par exemple qu'elle était une des personne que je connais qui profite le mieux de la vie, avec quelque chose de proustien : Béa prépare son repas, dresse la table pour elle toute seule coquettement, se sert le repas, et se comporte comme si elle était elle même la cusinière et la servante et la maîtresse de maison qui déguste le plat. Son repas fini et même dégusté, avec plaisir, elle débarrasse vite, nettoie et range tout. Puis s'assied dans son fauteuil, pousse un soupir d'aise et se met à lire. Elle a un joli appartment bien décoré et n'achète que très peu de choses, puisqu'elle a déjà tout ce qu'il lui faut : c'est à dire non pas "tout" mais suffisamment. Sa vaisselle est belle, ses nappes aussi... Et tandis que je parlais à Emma, une image proustienne, justement, de Béa se formait, une femme bourgeoise, mais sans excès, vivant dans une sorte de simplicité luxueuse (car c'est l'impression que l'on a chez elle : une terrible impression de luxe, alors que tout ce qu'elle a a été acheté il y a longtemps et n'est donc pas de ce luxe actuel qui consiste à avoir les trucs dernier cri). En fait, elle vit, si je puis dire, dans le vrai luxe, puisqu'elle n'a plus besoin de rien.

Au fur et à mesure que je parlais, je me rendais compte que je ne pouvais pas dire à Emma qui était réellement Bea. Non pas que cela me soit impossible ; mais, alors même que je parlais, que je multipliais les exemples, que j'enrichissais ma description, les mots, au sortir de mes lèvres, prenaient un autre sens que je ne maîtrisais plus. Emma était remplie d'admiration pour ma tante ; par la suite, il en a été de même pour tout ceux qui l'ont rencontré : avec ma description et son attitude, Béa semble un archétype de femme bourgeoise simple et dynamique. Son racisme et ses valeurs d'extrême droite sont totalement masquées. Mieux, ce sont presque les autres qui me l'ont fait voir autrement.

Idem, quoique moins net avec mon père, qu'une de mes amies au moins prend pour un doux rêveur, une sorte de monsieur charmant. Moins net, car je l'évoque peu, il m'insupporte totalement. Alors que je suis estomaquée et furieuse de son aveuglement et de son égoïsme, j'ai au moins trois amies qui louent son amour de la culture et de la musique et sa gentillesse. A leur répéter qu'il n'a aucun sens de la musique, aucun rythme, une culture musicale de paysan, qu'il ne connait aucun écrivain, ni philosophe et que son activité favorite est la critique, amère et agressive, je passe pour une mégère débordante de rancoeur.

Mais qu'il serait doux de me construire un monde où je vivrais dans cette image de mon père... J'évoquerai sa passion pour la musique (inopérationnelle, le malheureux massacre les airs qu'ils s'acharne à jouer, mais bien réelle et sincère pourtant), son goût pour les dictionnaires, et le fait qu'il est capable de s'immerger des heures durant dans des lectures mystérieuses dont il ressort les yeux brillants, avec des commentaires enthousiastes qui ennuient tout le monde mais le font passer pour un doux passionné. J'ai tendance à le rendre lourdement responsable de certaines situations familiales, tant il est aveugle à ce qui se passe autour de lui et découvre avec 20 ans de retard des choses que n'importe qui, selon moi, aurait vues avant.

Mais somme toute, j'enrage (comme le Shtroumpf grognon) alors que tout le monde s'en moque. Dernièrement, relativement à certains évènements, j'ai décidé de prendre l'air enthousiaste et détaché, comme si je trouvais tout formidable et génial et super et extra. Résultat, tout le monde est de bonne humeur. Alors que mon antérieure lucidité ennuyait tout le monde. La famille adore les apparences. Et à ce petit jeu, en réalité, je peux être beaucoup plus forte qu'on ne croit.

On me dirait bien loin de Personne ; pourtant, je suis dedans. j'ai tellement été impressionnée par le récit sans rancoeur de l'auteur. Est-ce une posture intellectuelle, littéraire ? Est-ce que, comme dirait mon amie qui n'est plus mon amie, l'important c'est l'amour et l'auteur s'est sentie "aimée" par ce père et hop, ça suffit ? Il me semble que si j'avais écrit un roman de ce type, j'aurais multiplié les plaintes, les récits rancuniers, furieux, les reproches. J'aurais cherché à dépecer les gens, à exhumer leurs défauts, et à me gargariser de rage. Mon amie Angèle me dirait que je me ferme à l'amour et aux autres et elle aurait raison, mais que m'importe.

Personne est un très beau texte ; et je déplore de parler trop de moi.


Note : si j'avais été Chateaubriand, avec mon père qui va et vient dans le salon, je l'aurais surement détesté ; je réalise en ce moment que cette posture rageuse, héritée, peut-être mal, de la psychanalyse, les parents qui font du mal, etc, pose l'enfant en victime, obligée de surcroit, et manque horriblement d'élégance. A exprimer sa colère et sa douleur, on se libère peut-être, mais sans panache.

mardi 29 septembre 2009

Divers

fatiguée et énervée, voici pourquoi.

Nous allons peut-être (mais peut-être pas) changer de géolocalisation, si je puis dire. Au delà de la lassitude que je ressens face au moindre carton, ça serait peut-être pour un pays arabe. Aaaaah. Le retour du bougainvillers. La fin du jambon. On ne peut pas tout avoir (et c'est bien dommage). L'alcool est en vente libre. Je ne suis pas alcoolique, hein - mais française. Mon souci, c'est le vin : quel vin ? (NB : en Europe du Nord ils vendent du vin en POUDRE - no comment - donc c'est pour dire que question vie quotidienne, il y a pire que les pays musulmans - je n'aime pas la bière).

Je lis comme une furieuse des tas de livres.

A part ça, la petite phrase de Sarko, l'utime, j'adore :

Sarkozy et les "coupables" de Clearstream: "S'il y en a qui veulent se sentir visés, ça les regarde"


Trop bon, non? Martine- Ségo, c'est moins vert, moins saignant. Là, c'est violent, je trouve. On attend la réponse de Villepin. On dirait des gosses. Boys need toys, comme disait le père d'un de mes élèves à la tête de son gros 4x4 (mais si on va dans le pays que je disais, on en achète un, j'ai compris, 9 ans dans des pays soient aux routes défoncées soient avec que de la piste - j'ai compris).

Voilà, c'était le post je me défoule car peux pas le dire ailleurs, rhhhhaaaaa.

vendredi 25 septembre 2009

Medina
















Le tag précédent me rend chose. Ah, une maison blanche, avec un bougainvillers à côté... Une petite épicerie un peu plus loin, et en ville, le marché toutes les semaines. Pas le marché d'Europe, non, un marché où il n'y a que le nécessaire, et d'insolites produits chinois...

Il n'y a pas partout des trottoirs, il n'y a pas partout des choses à vendre ou acheter. La rareté est là, à ne pas confondre avec l'indigence, mais la rareté. Les gens ne rêvent cependant que de consommation, puisqu'ils en manquent. Si fort est l'attrait des besoins que l'on crée.

Là bas, quand il n'y a rien, il n'y a rien. On fait le plein soigneusement avant certains voyages. On n'oublie pas l'eau non plus. La vie est plus vraie, elle vous frappe si vous n'êtes pas sur vos gardes. Dans mon pays de coton, j'ai oublié ça.

un tag

Non sans ahurissement, je découvre que Mathieu, qui est une mère pour moi, je trouve, m'a taggué. ça fait quatre mois. Il n'est pas trop tard.


1) Quatre métiers que j'aurais aimé exercer : responsable du développement d'une ONG, jongleur, musicienne, cambrioleur.

2) Quatre films que je connais par cœur : les Tontons flingueurs, Fanny et Alexandre, The Party, Coup de tête

3) Mes quatre livres préférés : La recherche du temps perdu, Beloved, Sénèque (mettons : de la colère), le Père Goriot (ou la cousine Bette ?)

4) Quatre émissions ou séries télévisées : Star Trek, Hormiguero, Guignols de l'info et le Dessous des cartes (je copie Mathieu, moi non plus je n'aime pas la télé).

5) Quatre endroits où j'aime passer mes vacances : Paris, la Bretagne, l'Ardèche, Paris.

6) Quatre webs que je visite quotidiennement : impossible à dire.

7) Quatre plats que je ne mangerai jamais : la cervelle, la viande de cheval, les ailerons de requins et le crocodile (j'en ai eu l'occasion).

8) Quatre plats que j'adore : Quatre ??? le foie gras (cuit, mi cuit, poelé), le jamon iberico, les oeufs, la viande de boeuf crue.

9) Quatre endroits où j'aimerais être en ce moment : hou, trop intime ! Dans une certaine maison de campagne, dans une maison surplombant une médina, à New York, à Urumqi (mais avec Internet).

10) Quatre personnalités passées ou présentes que j'aimerais rencontrer : Newton, Sénèque, Saint Thomas et Toni Morison

11) Quatre vœux pour l'année prochaine : qu'un homme ou une femme politique compétent et à peu près désintéressé apparaisse, plutôt à gauche, mais sinon à droite, que le conflit israelo-palestinien s'arrête tout de suite, qu'Ahmedinejad meure d'un arrêt cardiaque (ou en trébuchant dans la rue, un truc tout con), que je trouve du boulot dans le domaine qui m'intéresse

12) Taguons des gens : Euh...je sais que c'est une chaine, mais dans ce blog je suis plutôt repliée sur moi-même, autant l'avouer. Enfin ça se voit. Je ne tague personne. Désolée (enfin si un lecteur passe là et qu'il veut le faire, qu'il fasse le tag !).

mardi 15 septembre 2009

Hortefeux et tout et tout

Plus ça va, plus ça me donne envie de vomir.

Je suis passée par toutes les phases. D'abord, sans voix. La blague à deux balles que j'ai même entendu chez des "arabes", si je puis dire (si je puis dire car les "arabes", au fond, n'existent que de loin j''ai déjà du le dire ? quand on connait untel, untel et untel on a affaire à des gens, par exemple à un prof, un baratineur ou un con, mais pas des "arabes" - des gens). Mais ils sont d'un pays (dont je ne dirai pas le nom, allez disons la Maghrébie), et certains font des blagues, très post colonialistes, en reprenant l'image qu'on a d'eux. Certains ne font pas de blagues du tout. Mais ceux qui font des blagues font ce qu'ils veulent, et ne sont pas Ministre, et pas français.

Après, le lynchage médiatique m'a gavé, bon.

Ensuite, l'absence totale d'excuses du genre "OK j'ai merdé", pour finalement en faire un peu quand même... c'est d'un goût.

Et là je tombe sur ce post, le pluriel ne vaut rien à l'homme, qui dit, autrement, au fond, que quand on est plus de deux on est une bande de con (ce que j'ai toujours pensé). Mais il ne dit pas que ça. Il commence par exemple par dire que quand même il faut bien reconnaître qu'au fond les arabes il préfère ne pas en voir trop d'un coup dans une banlieue. Attends je cite.

Car je l’avoue sans fard (je dis sans fard, même si Piffard c’est un pseudonyme, je sais, je sais, courageux mais pas téméraire), les Arabes, perso, dans mon coin de banlieue, je préfère les rencontrer seul à seul plutôt qu’en bande. Seul à seul, je l’ai souvent remarqué, le Français d’origine maghrébine se montre dans l’ensemble beaucoup moins lourd, beaucoup plus poli et plus ouvert à la discussion interculturelle que lorsqu’il se promène en bande dans Rosny 2 par exemple.

Et là ça me fait tout drôle. Pourquoi ? parce que moi, dans une banlieue, quelle qu'elle soit, et même, mettons, sur la Place de la cathédrale de Chartres ( c'est à dire en Centre Ville) je n'aime rencontrer aucune bande. Ce n'est pas qu'ils soient arabes le problème, c'est la bande. Alors si c'est une bande de personnes agées, je suis moyennement contente car je vais devoir me frayer un chemin et ils seront peut-être bien malaimables, mais si ils sont jeunes je vais faire attention au contexte : une bande de lycéen, donc un groupe scolaire, c'est bruyant, ça peut être pénible, mais sans plus. Mais que dire d'une bande de mecs, même blonds, qui n'ont l'air ni touristes, ni lycéens ? ça me fera drôle.

Alors, je suis d'accord avec l'auteur, mais je me demande pourquoi, parlant de bande, il commence par évoquer des arabes en banlieue.

Ensuite, il parle du nombre, et dit que quand les gens se regroupent, ça peut tout de suite créer un problème - ? Un groupe de touriste, même si c'est chiant, ça ne crée pas de problèmes majeurs. C'est le côté "bande", en effet, et non pas groupe - petite communauté qui se sent en opposition aux autres. Par ex, un jour, en Maghrébie, une "bande" de Français enivrée (et pas jeune) avait fichu le bazar dans un hôtel. Ils n'auraient pas fait ça en France.

Je ne vois pas en quoi ça excuse la sortie du ministre. Imaginons que justement, un ministre de Maghrébie, relativement à cet incident dans l'hôtel, avait dit qu'Un Français ça allait mais que plusieurs, là ça créait des problèmes, eh bien, autant les Français méritaient une amende et de réparer ce qu'ils avaient cassé, autant le Ministre n'aurait pas eu à dire ça. Pour autant, ma copine Sana aurait pu le dire, je lui aurais dit oh ça va, hein, mais elle n'est pas Ministre.

Il y a des attitudes et des mots à avoir quand on est Ministre. Surtout en déplacement officiel.

mais alors, bon, on a la meute qui hurle, bien contente, mais on a aussi ceux qui trouvent qu'il faut fermer les yeux. ben non, il ne faut pas fermer les yeux, aussi déplaisante que soit la meute.

Oui, ces blagues là, des tas de gens les font, mais ça ne les rend pas acceptables. Peut-être qu'on ne va pas les lyncher pour ça, mais ça ne rend pas les blagues acceptables.

Incroyable comme cet incident fait réagir les gens... A tous les niveaux. Incroyable de voir comment finalement il faudrait pour certains avoir de l'humour. Enfin avoir l'humour qui arrange.

Moi, je ne sais pas si Brice Hortefeux aurait du démissionner. Il aurait du s'excuser sincèrement et dire que ça lui avait permis de comprendre l'énormité de sa bourde. Là, il s'en est encore tiré par une pirouette malhonnête intellectuellement, du genre j'ai pas voulu dire ce que j'ai dit, mais désolé si ça a blessé.

Entre le Casse-toi pauv con et ça, on a décidément un gouvernement plein d'élégance, de tolérance, et d'ouverture à l'autre. Bravo. Enfin, d'un autre côté, si l'élégance, la tolérance et l'ouverture à l'autre étaient des qualités de gouvernement, depuis le temps, quelqu'un s'en serait rendu compte.

Bon, et alors ce malheureux Amine, avec les dames qui lui caressent la joue et qui joue le petit arabe qui picole et bouffe du porc.... eh bien j'ai eu une copine (Sana) qui faisait aussi, à son corps défendant, l'arabe de service. Celle à qui on dit : ah mais toi t'es pas comme les autres. Et qui se trouve comme ça séparé de sa communauté, il faut choisir. Ou rejetée dans les bachées méprisées, ou française (donc bien). Une position agréable, vous imaginez.


Attends, je reviens sur le début. Oui, en fait, en banlieue, ou en centre ville, n'importe qui en bande peut faire peur. Quelque soit son origine. La raison, je crois que c'est plus le système social qui est en cause. Si la banlieue ou la zone est plus pauvre et ses sent exclu du reste de la communauté, elle craint, toute ethnie ou couleur de peau confondue.

En Maghrébie (une zone archi remplie d'arabes), il y a aussi des banlieues qui craignent. Va te Balader en centre ville, dans le bled arbi, rien à craindre. mais dans d'autres coins, c'est chaud. Le problème est économique. Alors en France, les merveilles de l'intégration font que certes, dans certaines zones, banlieue = jeunes d'origine arabe, donc si bande il y a elle craint. mais si ils étaient d'origine italienne, polonaise ou irlandaise et pas intégrée parce que pauvre et rejetés, tout catho qu'ils soient, ça craindrait itou. Il me semble même que dans certains pays, ce fut le cas, et ça craignait.

Mais il faut se méfier du monsieur tout seul, même pas arabe, il peut s'appeler Marc Dutroux.

Oh, mais pourquoi j'écris tout ça ? l'article auquel je me réfère est un ramassis de conneries. Parfois les groupe craignent et parfois pas, parfois les tout seuls craignent et parfois pas. Tous pays / ethnies / religions confondues. Et si, oui, j'aurais facilement la trouille en banlieue, l'explication est socio-économique, même si elle a visuellement l'air d'être au faciès.

mercredi 2 septembre 2009

Roman

Ah oui, suivons cette histoire, fantaisiste. c'est marrant. Bon, faut rester calme mais je trouve l'idée rigolote.

Incompréhension

Ce post pour exprimer mon incompréhension.

Je lis régulièrement le blog d'Agnès Maillard. Pas trop souvent, mais régulièrement. Dans leur globalité, je partage ses points de vues. Peut-être pas tous, mais une immense partie.

Or, à chaque lecture, je suis toujours choquée. La violence de ses propos me choque, et je ne comprends pas pourquoi. Si je lis CSP, je ne suis pas choquée, probablement à cause du style, un chouia trop outrancier, et qui l'emporte, curieusement, sur le fond (à mes yeux). Le côté râleur de CSP m'amuse, même si dès que je le lis, je pense à Lénine, Staline et Béria, au fond, je n'y crois pas, je suis emportée par les mots. Par l'énergie. CSP écrit des textes vivifiants. Vibrants.

Bon, revenons à Agnès Maillard. Quelque chose que je ne saurais expliquer, il faudrait faire une analyse de texte pour le comprendre, me fait la trouver au fond sympathique. Et pourtant.

Soit son dernier texte. Il est imagé, s'adressent aux émotions, dramatique. En soi, je l'aime bien. Mais parce qu'il a été écrit aujourd'hui, en septembre 2009, j'ai honte de lire ça. Je m'explique. Agnès Maillard est en France. Quand je pense à certains villages que j'ai traversé dans des pays proches du Sahara, je rougis, car écrire ce texte quand certaines choses existent, me semble choquant.

Pourtant je sais bien que Agnès écrit de France pour la France. Que, dans son sentiment, dans son coeur, elle n'exclut pas les malheureux du reste du monde. Au contraire. Je suis convaincue qu'elle pense aussi à eux, voire qu'elle s'identifie à eux.

Par ailleurs, je pense qu'elle doit avoir une vie difficile, dont j'ai été préservée, même si ma vie n'est pas luxueuse, je ne manque de rien, pourvu que ça dure. Mes enfants non plus ne manquent de rien, mon mari a un travail, je me débats pour travailler moi-même (en changeant de lieu de résidence tous les moins de deux ans, pas facile). Nous allons encore changer, pour un truc "mieux", qui devrait d'ailleurs être vraiment mieux, après 15 ans il est temps. Mais même si ça n'est pas mieux, ça sera bien, et ça va comme ça.

Serai-je amère si j'avais eu de tas de périodes de chômage et tout ça ? Je suppose que c'est ce qui est arrivé à Agnès. Moi, quand j'étais étudiante et que je travaillais, j'avais des amis gosses de riches qui me regardaient comme une petite rigolote (pourquoi elle travaille, elle? ) et d'autres amis pas gosse de riches mais dont les parents payaient les études quand même et qui étaient sérieux et trouvaient vite un boulot qui me regardaient quand même bizarrement car travailler et faire ses études c'était bizarre. Insolite. A leurs yeux. Quand ils parlaient de leurs futurs salaires, je ne disais rien et je n'y croyais pas. Et dans leurs premiers boulots, ils s'en allaient d'un air méprisants, car on ne les payaient pas assez. Ils étaient si sûrs que ça allaient marcher. Moi, qui me contentais de mes salaires pas terribles, j'avais peut-être une âme de mouton. J'aurais peut-être du me révolter. Mais entre les heures de bibliothèques, le boulot et mes sorties, je n'avais pas le temps. Je courais toute la journée, mais j'étais contente. Pourquoi je dis ça ? Car ces regards sur moi, la pauvre qui bosse, je les trouvais humiliants. Et d'autant plus que j'aimais travailler pendant mes études : je n'étais pas dans le besoin à ce point, mais je faisais ça pour ne rien demander à mes parents, ma mère m'ayant fait quelques remarques désagréables. J'étais très contente de les narguer avec mes salaires. J'aimais bien me la jouer : tout est super facile, je n'ai même pas besoin de votre argent, ah ah ah. Comme les revenus de mes parents baissaient, je pouvais dire à ma mère : "Garde ton argent pour vous, moi, je me débrouille". Je me sentais à la fois libre et je sentais le filet de l'amour maternel glisser sur moi : elle ne pouvait pas m'avoir. Ils ne me donnaient pas un sou, et ça, c'était merveilleux. D'autant plus que ma mère faisait sa princesse, mais mon père gagnait les me^mes salaires que moi (le pauvre n'a jamais été doué, il avait des bons boulots, mais il les a perdu, et il a refusé, j'en enrage encore, des opportunités excellentes). Donc

Bon. Bref. Encore que vu qu'au fond, Agnès Maillard évoque l'emploi, c'est peut-être pour cela que cela me met les nerfs à vif. Très vite, j'ai trouvé des boulots, des "petits boulots", et jonglé avec. Au fond, j'en suis toujours là, je n'ai guère progressé. Vu que ces petits boulots sont pour moi le synonyme de liberté, je n'aime pas l'image qu'elle en donne.

Quand je lis son texte, je me dis qu'elle doit travailler et toujours être coincée, et par le temps, et par l'argent, tel mois il y a ça à payer, le mois suivant c'est autre chose. Ce que je comprends. Cet été, mon mari n'a pas eu de vêtements d'été, il tourne avec un seul pantalon court et ça fait short. Moi aussi j'enrage un peu car ce mois-ci ce sont les livres scoalries, ils sont 30 % plus chers que ceux que j'achetais dans le système français et il n'y a pas de bourses aux livres. Et ilf aut faire des réparations à la voiture. Et le mois suivant, on a l'assurance de la voiture. La somme est d'importance. Si Agnès a des revenus inférieurs aux miens, comme une de mes amies qui a 1200 euros pour vivre ( à 4, en France) , ça doit être un cauchemar. 1200 euros, c'est "trop" pour les aides. Trop.

Mais quand je lis le texte je me dis que c'est trop. La richesse de la France, dont chaque personne bénéficie, elle est là, dehors. Même les rues sont chics. Ici, les rues sont plus moches. Les poubelles sont extérieures, ce sont des poubelles de quartiers. En France, je me demande où ils planquent les poubelles. Et ne parlons pas de celles du pays où j'étais auparavant. Les bibliothèques municipales. Les magasins qui regorgent de produits dont même les plus basiques sont bons. Mais évidemment, pour le savoir il faut avoir été ailleurs, dans un ailleurs peu favorisés.

Le texte s'appliquerait à des mineurs au Brésil, dans son intensité. Mais pas à des Français. Ou ailleurs, à une catégorie très défavorisée, mais le texte suggère plutôt une uniformité, les gens sont comparés à des souris, tous, et non pas à des souris par référence à des gens plus chanceux qui vivraient ailleurs. On imagine une sorte de monde dans lequel tous sont égaux dans leur cage, occupés à survivre en silence et dans la peine.

Si c'est ce qu'Agnès ressent, je trouve cela indécent par rapport à ce qu'il y a ailleurs. Mais je sais qu'Agnès ne peut pêut-être (je dis peut-être car je ne connais pas sa vie) pas comparer, si je puis dire, de l'intérieur, pour l'avoir vécu, ce que c'est que de vivre dans des pays où l'arbitraire frappe tout le monde, sauf une toute petite caste de privilégiés (et ce n'est pas le cas de la France, ni de l'Europe occidentale).

Hier une amie venue d'un pays de ce genre est arrivée en Europe. Elle a vécu cela comme la sortie, non pas d'un enfer, car sa vie n'était pas infernale, mais d'un camp de prisonnier où la vie est supportable, mais on est enfermé. ça l'amuse et lui paraît un peu bête quand des Européens lui disent que leur pays, soit la France de Sarko, soit l'Allemagne de Merkel, c'est comme chez elle. Elle dit juste oui oui en rigolant, car elle est gênée, mais ils ne savent pas ce qu'ils disent. "En France, tout n'est pas parfait," disent-ils, et elle le sait, ayant été en butte à des attitudes racistes.


Mais ce qui est grave c'est qu'Agnès est sincère. Son texte vient du coeur. Elle croit vraiment vivre un enfer (un enfer intellectuel, disons, et matériel) ; ou bien si l'on parle avec elle, elle se dit que c'est pire en Inde. Mais l'Inde c'est tellement pire que l'on en parle pas. Sauf que l'Inde, c'est un 5ème du Monde. Pas un petit 100ème. Si les Privilégiés se sentent si malheureux, incapable de ressentir, dans leur vie, dans leur chair, leurs privilèges... ils ne demeureront pas privilégiés longtemps. D'autres leur rafleront leur chance. Et ça ne sera que justice.

Ce qui me gêne, dans cette attitude, c'est le regard des autres, ceux qui sont ailleurs. Ceux qui disent, goguenards "voyez comme votre civilisation ne vous rend pas heureux ! vous feriez mieux de revenir aux bases" et je sais à quelles bases, religieuses, ils pensent. Leurs yeux moqueurs m'exaspèrent.

Après relecture : quelles lourdeurs dans mon style ! Il fut un temps où j'écrivais mieux. Enfin peu importe. Assumons.

samedi 15 août 2009

Les tribulations de Chinois en Algérie

ça me fait rire et en même temps ça me fait de la peine.

Histoire de Chinois, venus en Algérie, pour bosser. Evidemment, les Algériens, même si certains sont bosseurs, sont, dans l'ensemble, plutôt méditerranéens et avec une culture telle que le travail n'est pas une valeur.

Je précise que - bon. En Chine, la pression de la population est telle, et depuis des siècles, que des structures sociales très strictes ont été mises en place pour contrôler les gens et les faire bosser. Bosser aux champs, je veux dire. Bosser aux champs pour produire de quoi bouffer. Les structures rurales sont contraignantes et lourdes. Depuis longtemps.

Dans le monde arabo-méditerranéen, c'est très différent. Il n'y a de pression de population que très récemment, pendant des siècles le pays a été vide. Donc les structures sociales rurales sont lâches et ne mettent pas la pression sur le contrôle des villageois pour les faire travailler et produire plus. Chacun va à son rythme.

Et voilà que dans ce pays de nonchalance débarque des Chinois âpres au travail et au gain. Forcément, le courant ne passe pas comme ça...

Ce que l'article ne dit pas, c'est que les Chinois sont eux mêmes, en Chine, très racistes envers nombre d'étrangers (les Africains noirs, par ex). Car ce qui est affreux dans l'humanité, c'est qu'elle a partout les mêmes tares, et que ici, là, partout, on retrouve le racisme, l'oppression, etc....

En même temps, je trouve ça bien que l'immigration ne se fasse plus uniquement dans le sens Sud Nord. Là c'est Sud sud. Même si il y aura des problèmes, car l'installation dans un autre pays ne va pas de soi, ni pour ceux qui s'installent ni pour ceux qui accueillent, le fait que le brassage se diversifie me semble une bonne chose. OK, il y a des heurts : mais il n'y a jamais QUE des heurts. Il y a des gens qui se détestent, et puis des gens qui s'apprécient. ça prend du temps, mais les cultures s'ouvrent. Dans ce domaine, je suis naïve, mais je tiens à l'être. Je ne pense pas que le brassage culturel est automatiquement facile, mais il apporte un enrichissement.

Bon, c'est peut-être que je voyage ? Mais j'ai appris tant de choses en voyageant. Des choses apprises de l'intérieur, par l'expérience et non par la réflexion.

jeudi 13 août 2009

Retraite mère de famille.

Fin de la retraite des mères de famille.
Elle l'avait signalé.

Lamentable.

La façon dont on massacre notre système est écoeurante, c'est insupportable !

Insupportable est en dessous de ma pensée, bien sûr, mais c'est que je manque d'énergie pour songer à des mots plus forts.

Twitter

Bon, c'est marrant mais exagéré, non? twitter peut servir à des trucs plus sérieux, non?

mardi 11 août 2009

Connard

Un mot, une idée.
les gens plutôt de gauche qui méprisent ceux qui jouent le jeu de la société de consommation. Souvent il s'agit de personne qui peuvent s'éviter, de par leur naissance, de consommer, ils ont le choix. Ils sont entourés de gens qui peuvent les aider, matériellement, amis, aprents, pas forcément finacièrement, mais ne serait-ce que pour les vacances : quand on peut aller chez Machin ou Truc en vacances, même si ce ne sont pas des vacances en bonnes et dues formes, c'est plus facile de mépriser l'idiot qui n'a pas d'amis, tantes ou relations qui peuvent l'heberger quelques jours ça ou là.

Obscur, hein.

pendant des années, je ne pouvais pas partir en vacances. pas d'argent. Mais pas non plus d'amis pourvu de maisons de campagne. En fait si, en Terminale, je suis partie chez les grands parents d'une amie, c'était génial. mais après les grands parents ont vendu la maison pour un appart en ville.

Or, j'avais des amis très znes, très non à la société de consommation qui pouvaient se débrouiller : quatre jours chez une grand mère en Normandie ; une semaine chez un oncle. Etc. ça faisait, bon an mal an, un mois de voyage, voir plus.
Ils étaient très ironiques et condesendants sur les voyages organisés. Ah, les cons qui empruntent pour aller une semaine en Turquie, c'est des beaufs !!!

Oui, mais quand tu peux t'évader un jour par ci par là, même si tu râles car ton oncle est lourd et ta grand mère pénible, tu ne te rends pas compte.

Eh bien, ces gens là existent toujours.

Nous avons dîné avec un, hier soir.

Maintenant, j'ai des amis en Corrèze et une parente en bretagne. Donc, je peux m'évader, même si ça a des inconvénients. Mais je reconnais que, en s'organisant bien, ça permet tout de même de s'aérer.
Mais pour certains, les cons qui empruntent pour leurs vacances ou leur camping car sont quand même des connards.

Je déteste profondément cette mentalité.

samedi 8 août 2009

Suite de ma crise mensuelle

Nous venons juste de manger du yaourt en vrac avec des groseilles du jardin. Pas du nôtre (héhé, on n'en a pas) , mais d'un jardin.
Excellent.

ça me fait penser au concept de faux faux de - quelqu'un. Qui disait " Que se passerait-il si comme par un coup de baguette magique, Disneyland devenait réel? Si tous les artifices reproduits devenaient de vraies montagnes, de vraies personnes ? Ils seraient obligés de fermer."

(Je cite de mémoire).

Le vrai yaourt avec de vrais fruits, meilleur que le produit manufacturé. J'en mange une fois par an (deux - car il reste des groseilles). Mais c'est mieux que chaque jour un produit industriel.

Evident - mais pas tant que ça.

Sinon, ici, ils lancent les caisses entièrement automatisées. Rien à dire, sauf que pour quatre caisses, il y avaient trois emplyéss qui venaient faire signer les cartes (trois caissiers, quoi, non?). Curieux. Enfin je m'en fous. Peut-être c'est le début.

Le tag que je m'auto administre

Bien que je n'ai pas été tagguée par Juan, je m'en vais répondre à son tag, que je trouve très intéressant. Enfin je vais me faire mon petit délire/bafouille habituel (c'est ma crise de blog mensuelle, là, après je retourne dans ma grotte).

Le concept, c'est qu'il faut être de gauche et se mettre dans la peau d'une personne de droite.

1. En ces temps de crise généralisée des valeurs et du “système“, quels seraient vos points d’ancrage idéologiques à droite ?

2. Etant à droite, que soutiendriez vous plus que tout dans l’action du président Sarkozy ?


Déjà le truc c'est mon positionnement politique. Je suis parvenue, à ma grande satisfaction, à définir mon positionnement il y a peu (mais ça peut évoluer on ne sait jamais).

Je ne suis pas de gauche, mais je ne respecte que les valeurs de gauche (je ne suis pas de gauche car les gens de gauche bafouent plus ou moins ces valeurs selon moi).

Je ne suis pas de droite, pour des raisons plus épidermiques, donc plus difficiles à expliquer. En fait, je crois que je fais un rejet de la droite en raison de ma famille, ce qui est le cas de plein de personnes de gauche de ma connaissance. Pas que ma famille. J'ai aussi le souvenir de tous ces petits snobinards qui se la jouent "moi, je ne serai jamais au chômage", genre ils sont nés avec tout mais ils t'expliquent que si tu es fils d'employé communal et que tu bosses bien (gentil petit travailleur) à la fin tu réussiras - je suppose que l'on voit de quel type de raisonnement il s'agit, le mérite, truc qui me fait vomir. Si c'était vrai. Enfin bref. Après, j'abomine et j'exècre le système économique actuel (mais je me demande si des gens de droite peuvent le soutnir, je veux dire, quand je lis Adam Smith, ça m'arrive, je me demande comment on en est arrivé aux bonus des traders ; c'était pas écrit texto ; et le monopole ? enfin bref), en revanche je ne parviens pas à avoir confiance dans tous ceux qui évoquent sa destruction. Alors je pense quoi? rien, le sujet me semble énorme. Si j'avais le temps, j'y réfléchirai.

Venons au tag.

En crise généralisée des valeurs et du “système“, points d’ancrage idéologiques à droite

Mettons que je parle de mes tantes, des vraies de droite. Pour elles, je crois que ça serait la famille, et le travail. Elles ont aimé que Sarko parle de travail, de sérieux, de boulot. Mais elles voient bien que c'est dur tout de même, elles ne pensent pas que tous les chômeurs sont des feignants. Donc elles se disent en gros que c'est la crise, c'est dur, mais il faut bosser pour s'en sortir. En disant cela elles ne pensent pas aux traders et à toutes ces affaires qui défraient la chroniques, elles se réfèrent à une perception plus ancienne du travail un peu troisième république. Leur père (i.e. mon grand père) était pupille de la nation, orphelin de père, le fils d'une couturière, il a fait ses études pendant que sa femme était secrétaire et ensuite il est devenu directeur financier d'une boîte. Quand elles disent travail elles pensent à lui.

Mais je parle d'elle par honnêteté, pour qu'on voit d'où je viens, intellectuellement. Alors si j'étais de droite, quels seraient mes points d'ancrage idéologiques à droite ? Il ne me reste qu'à trouver, par défaut, ce que je peux apprécier dans la droite. Eh bien c'est pas dur : l'anti communisme. Le communisme auquel je pense n'est pas l'utopie à laquelle bien des gens se sont raccrochée, mais la réalité du communisme en URSS. Je connais une grande opposante au régime communiste (qui n'est d'ailleurs pas fort bien vue du régime en place), et les échos que j'ai eu sur sa vie me montrent à quels excès de non-humanité une idéologie peut être conduite. On trouve du reste les même excès dans des idéologies de droite ; mais, si je puis dire, ces idéologies de droite se présentent comme des extrêmes et (genre Le Pen) agonissent dans une même détestation du système la droite et la gauche. Ces idées sont immédiatement contre nature et pleine de détestation de l'autre. Or, l'idéologie communiste est beaucoup plus sournoise : elle se gorge de grands mots, justice, égalité, bonheur, elle ne prétend jamais asservir, sauf les "ennemis du peuple", elle prétend libérer, elle utilise le vocabulaire de la liberté, de l'amour, de la justice sociale, pour ensuite se retourner contre ceux qui ont cru en elle et les asservir. Quand j'étais plus jeune, j'étais vraiment de gauche, et quand j'écoutais parler les hommes de gauche, je les croyais. Je croyais vraiment qu'ils voulaient plus de bonheur pour tous, plus d'égalité. Comme une bécasse, je voulais que les gens apprennent à s'écouter, à se comprendre, à se tolérer. Je croyais, sincèrement, qu'avec des hommes politiques de gauche ces idées seraient défendues. Dans ma naïveté immense, je continue de penser que l'autre est toujours intéressant, surtout s'il est différent, parce qu'on a à découvrir en lui, dans son mode de vie, des choses singulières. C'est donc avec un dégoût immense que j'ai peu à peu pris conscience du cirque de la gauche. Il me semble qu'au mieux, s'agissant d'autres cultures, les gens de gauche sont paternalistes. Ils sont des chrétiens déchristianisés, et ils ont récupérés les plus abjectes pensées des dames patronnesses d'antan. Ils ne savent pas ce qu'est l'autre (arabe ou pauvre), ils s'aiment de se voir si compréhensifs devant lui. Ils ne pensent pas aux autres, mais à eux -mêmes. Du coup, ils me paraissent pire que la droite, qui au moins, dès le début, comme mes tantes, pince la bouche quand il s'agit de gens "pas comme nous", mais n'essaie pas de se faire passer pour plus gentille qu'elle ne l'est.
Bon, il est vrai qu'il existe aussi des gens de gauche qui croient en leurs idéaux, mais s'ils se trouvaient confrontés devant la réalité de la dictature stalinienne, ils pourraient, sans peut-être renoncer à leurs idéaux, renoncer à certaine façon de les défendre. Pour ma part, je crois que remuer de trop belles idées est dangereux.
Cependant, il y a une faille dans mon raisonnement : en effet, ces gens de gauche, en suivant la logique d'un système inhumain, ces gens ont tout de même lutté politiquement durant tout le XXème siècle et obtenu de belles victoires sociales. Mais il faudrait étudier le truc de près et voir si les hommes qui ont lutté le plus activement pour ces projets étaient des communistes socialistes ou des radicaux de gauche. Nul besoin d'être marxiste pour prôner, par ex, la Sécu ou les crèches. Mais il a fallu la force politique de ces hommes de gauche pour établir ces avancées.

Et si j'étais de droite, que soutiendrai-je dans l'action de Sarko?

Je reviens à mes tantes. Elles sont incroyablement sensibles à ses discours. (Comme du mon mari : " ce sont des personnes agées"). C'est fou. Elles ne se soucient pas de vérifier, même un tout petit peu, s'il se met en accord avec ce qu'il dit. Par ex pour la sécurité : OK personnes agées, mais si je leur dis que la droite est aux affaires depuis 1993 sauf 5 ans (1997-2002) et Sarko depuis 2002. Donc depuis le temps, ça va ils ont eu le temps de faire ce qu'il faut pour la sécurité. Mais non. Pourquoi? Elles ne savent pas dire et se murent dans un silence buté. Insupportable. Oui je sais on s'en fout. Mais quand même. Je les aime bien mais elles m'énervent.

Alors, que soutiendrai-je?

En gros, son attitude internationale. OK il s'agite, mais ça marche. Je ne sais pas si c'est efficace, mais il me semble nettement plus présent (même en agaçant) que Chirac. Je ne dis pas sa politique, il faudrait qu'il en est une (franchement, si quelqu'un la perçoit, il me le dit). Mais son attitude bravache, très française, est, quoiqu'on en dise, sympathique. Si l'on excepte l'ombre de Washington, on a qui en politique internationale? Hein? Zapatero? Bon, je l'aime bien mais il est falot. Merkel? Ah ah ah. Berl... - non j'arrête.

J'ai trouvé ce tag intéressant, je ne sais pourquoi. Peut-être le fait d'essayer de se mettre dans la peau de l'autre. Je ne sais si c'était le but, mais c'était intéressant.


reportage bidonnés de France 2 et TF1

Ils devront se justifier.

Pourquoi bidonnent-ils? Pourquoi ne structurent-ils pas différemment leurs reportages?

En fait, je crois pouvoir deviner. Je vois bien comment ça se passe pour moi à mon petit niveau.

Mes chefs veulent des synop clairs et très en avance. Ils veulent savoir ce que je vais dire, comment je vais le dire à peu près, pour faire leurs plans. Ils préparent d'avance ce qui sera publié.

Mais ils ne se basent pas sur ce qui est, l'existant, l'actu, les idées de ceux qui rédigent ; ils se basent sur le client et ses attentes. Ils ont des études qui leur permettent de bâtir des extrapolations sur ce qui va plaire ou pas ; il faut ensuite, leur des réu, que ce que nous proposons colle avec la vision qu'ils se font du client.


Cela me rappelle mes années dans le marketing : on teste : y a -t-il un marché pour un gâteau, une crème de jour ou un savon avec tel baratin (le gâteau sans sucre ; la crème écologiquement correcte ; le savon développement durable). Si oui, on produit le dit produit, et on construit autour un discours qui donne l'illusion de la réalité au produit. On fait de la pub etc.

De même dans l'enseignement. Les parents consomment de l'école. On ne peut leur dire "votre fils est nul car il ne fout rien " : ils paient l'école, ils doivent avoir de la formation. Ils ont payé pour. C'est comme si on disait au client d'un hôtel : Monsieur, vous n'appréciez pas l'hôtel parce que vous êtes nul : votre vulgarité d'esprit vous rend exigeant, sans vous rendre compte que vous n'en avez que pour votre argent en payant telle somme. On ne dit pas cela au client, on tente de la satisfaire car on est dans une logique commerciale. A l'école, on rentre dans une logique commerciale et on tremble de dire aux parentx des trucs affreux comme "pour apprendre il faut faire des efforts".

De même, le spéctateur, même s'il ne paie pas, veut tel ou tel type de reportage : un peu dramatique, avec des images qui font un peu peur, mais aussid es explications. On fabrique donc le reportage, de crainte qu'en partant de la réalité, elle ne daigne pas coller aux idées reçues de l'observateur, ce qui serait très ennuyeux.

Burqas 2

Comme on en aprle partout, impossible de l'oublier, ce débat qui me perturbe sur la Burqas. Il me perturbe d'autant plus que je ne lis personne qui a un avis que je puisse suivre, ni dans les pour ni dans les contre.

Je ne suis pas choquée mais très agacée par la Burqa. Très. Cependant, quand j'entends parler d'asservissement de la femme, je suis agacée.

La plupart des filles que j'ai vu voilées ou avec un foulard (pas une burqa ; je n'en ai jamais vues en burquas, et j'ai vécu dix ans en tout dans des pays arabes - mais j'ai vu des bédouine en abayas et masquées, ce qui est équivalent intellectuellement, sauf qu'il s'agit de cultures différentes, les bédouines ne sont pas Afghanes) le faisaient parce que :
  • c'était la mode
  • elles voulaient affirmer (en Europe) de façon provoc leur identité ou leur religion.
Il y a d'autres cas, c'est sûr, mais comme je n'ai pas d'expérience d'"asservissement de la femme" dans tout ça, et que les petites jeunes filles voilées qui traversaient les rues en grappes bavardes et rieuses jetaient des oeillades peu asservies aux jeunes gens qu'elles croisaient, je bloque sur cette histoire d'asservissement.


En revanche, en France, les filles font ça par provoc. ça donne envie de leur rentrer dans le lard. C'est peut-être une provoc débile. Mais encore une fois, je ne vois pas d'asservissement.

Vais-je arrêter de manger chinois car je renforce l'influence culturelle chinoise, et qu'en Chine il y a des camps de concentration ?

Donc, je me fous du voile ou de la burqas qu'on porte.

Mais comme j'ai horreur de la provoc, je n'aime pas qu'on porte un voile ou une burqa.

Je formule donc ma conclusion :

La burqa ne symbolise pour moi rien.

Mais le voile symbolise une opposition bécasse et stérile aux idéaux républicains, une façon de dire "la france n'est pas gentille avec nous !" si on est beur ou si on vient juste d'émigrer, mais bêtement et pas constructivement.

Et je regrette qu'il en soit ainsi. Je trouve les voiles jolis et j'aimerais qu'ils cessent d'être des symboles d'autres choses.

jeudi 30 juillet 2009

burqas

Je n'ai plus en tête le nombre de femmes en burqas, mais selon le Ministère de l'intérieur c'est moins de 400.

Le chiffre est un peu bizarre : je ne suis pas surprise qu'il y en ait si peu (quoique si : 4000 m'aurait plus convaincu), mais je me demande pourquoi le député a déclenché un débat là dessus. Il devait avoir un but ? Il venait de s'engueuler avec une nana en burqa? De discuter avec un pote ? Il voulait foutre la merde ? C'est vraiment bizarre.

Du coup, on va débattre de ça, alors qu'il y a franchement des débats plus urgents. L'école par ex, une vraie école, ferme, qui donne les mêmes chances à tous les monde et ne considère pas que les plus défavorisés ont le droit d'être nuls car ils sont défavorisés.

Mais de quoi je délire, là?

mardi 28 juillet 2009

Transdev Veolia : Sarko est dedans

Ah tiens. C'est la première fois que je réalise concrètement ce qu'il peut y avoir derrière ces histoires de fusion et rachat. En l'occurence, transdev et Veolia transport, de Veolia, avec Nicolas Sarkozy derrière.
et.

dimanche 5 juillet 2009

Iran

Je voudrais faire ma petite synthèse perso sur le sujet, ne serait-ce que pour y voir clair. Après tout un blog ça peut-être un bloc note.

Ces dernières semaines, que s'est-il passé en Iran ? Manifestations contre le fraufe électorale, répression policière brutale, répression bassidjis, klaxons, menace de bain de sang par Khamenei, cri de mort aux dictateurs, arrestations de journalistes et hommes politiques. Tout cela fait penser à la révolution de 1979.

En même temps : qui manifeste? C'est cela qu'il faudrait savoir. La jeunesse urbaine et les femmes (urbaines aussi) ont des soucis différents des habitants des campagnes. Comment être sur que ceux qui manifestent représentent tout l'Iran? Les habitants des campagnes sont probablement plus sensibles à Ahmedinejad. On ne peut pas dire qu'il y ait eu des manifestations dans les petites villes. Comment en être sur ? Probablement auraient-elles été filmées aussi, et auraient-elles filtrées.

Je pense que ces manifestations indiquent un ras le bol, qui concerne plus les jeunes. C'est bon signe pour le pays, cela prouve que les choses bougent et que les gens en ont marre. Mais je ne pense pas que ce ras le bol soit si partagé, et s'il n'est pas partagé, il n'aboutira à rien. Il est peut-être un premier pas vers un changement mais c'est tout.

Cela dit, ces manifestations révèlent aussi une division dans le pouvoir, entre deux clans, l'un probablement plus populaire et traditionaliste, 'lautre plus moderne et réformateur, mais pas réformateur au sens où on l'entend en Occident. Réformateur au sein de la République Islamique.

Or, ce camp réformateur doit s'exprimer et on en revient à la question de la fraude. Y at-il eu fraude ?

Moi, je ne serais pas surprise qu'il n'y ait pas eu fraude et que le pays, même si une majorité de la popalation est urbaine, ait voté pour Ahmedinajd. mais évidemment, maintenant, personne ne peut plus en être sûr.

Cela va décrédibiliser le pouvoir. Le fragiliser. Que se passera-t-il maintenant ?


Note : je suis épatée d'apprendre que les armes de destructions massives sont une invention de Saddam Hussein.

jeudi 25 juin 2009

Véronique Courjault

Mathieu L ne sait pas ce qu'il fait, là...

Il va lâcher la boîte de Pandore. je vais me mettre à hurler, gonfler, me remplir de colère noire et déverser sur le monde ahuri les flots incoercibles d'une bile pleine de rage...

Quoique non. En fait je suis fatiguée et comme le sentiment de vivre dans un monde de dingue m'envahit, et me démonte, je vais faire pétard mouillé.

Poc.

Bon, un peu de sérieux. Mathieu L commente le traitement médiatique de l'Affaire Courjault. Son analyse est tout à fait remarquable. En fait, je me suis détournée de ce procès en raison d'un écoeurement profond.

Le thème du procès me semble atroce. Ce que cette femme a fait me perturbe dès que j'y pense. Des bébés dans le congélateur familial. Non, je ne peux pas.

Ensuite, le baratin fait autour du procès. Déni de grossese ou pas déni de grossesse. Elle l'a fait exprès ou pas? Ces débats me fatiguent. Je ne suis pas psy, mais il ne faut pas être diplômé pour se dire que cette femme est malade. Le problème, ce n'est pas le déni de grossesse, c'est le meurtre des bébés. Moi, j'adorerai être enceinte sans m'en rendre compte : pas de nausées, pas de douleur, le pied !!!! Mais je garderai les bébés ! Mettons que j'accouche par surprise, je ne tue pas le bébé. Comment s'y est-elle pris???? On se fout de la gueule du monde?

Mais de toute façon ce n'est pas là l'objet du débat, et si cette femme est malade, elle doit être soignée et je ne veux pas parler d'elle, mais, comme Mathieu L. des médias.


Bon, déjà, je pense que l'avortement joue un rôle là dedans. Au fond, une fois que l'on a accepté le principe de l'avortement, un bébé à peine né, c'est encore un foetus. Je me souviens moi-même des premiers jours de mes enfants, penser qu'ils avaient 2 jours, par exemple, me faisait peur : ils étaient près du néant, du rien, de la non - existence, et j'avais peur qu'ils y retournent. J'épiais leur souffle avec un stress que je ne ressens plus du tout. Les deux ours dans leur chambre, qui grognent le matin et qui puent des pieds, ont un souffle bien ancré dans la vie.

Mais surtout il y a la sacro sainte image de la mère.

Et c'est là où je bous. En effet, on parle souvent des violences, faites aux femmes, faites aux enfants, et qui sont très souvent le fait des hommes. Et elles existent, et il faut en parler. Mais le mal sournois fait par les mères, il est caché.

Naturellement, si j'en parle, et si ça me fait bouillir, c'est que, même si ça n'a rien d'excessif, de dramatique, j'estime bien connaître le sujet, dont je n'ai pas trop envie de parler. Certaine femme pesa sur ma vie, par un amour débordant, d'une façon dont je cherche à me remettre. Je ne m'en sors pas trop mal, mais d'autres, proches de moi, sont détruits. Tout a été fait dans la douceur, dans la tendresse - au nom de cet amour qui lui donnait des droits sur nous. L'homme qui accompagnait cette femme, aujourd'hui encore, respecte son sens de la maternité, et quand il dit, solennel et con "c'était une excellente mère", je ne dis rien, tant le problème est profond. Je sais que pour cet homme, la Maternité est sacrée ; ça lui vient de son enfance catholique. Toute Mère est Absoute de tous ses actes, car elle est Mère. Il fut un temps où j'avais essayé de lui dire qu'elle était nulle, mais je me suis rendu compte que ce débat stérile (tenter d'expliquer à un paysan bas-breton les structures grammaticales chinoises) me fatiguait et ne me soulageait pas autant qu'un silence rageur et méprisant.

Je viens de le faire d'une façon contournée, et j'arrête tout de suite : je ne peux pas en dire plus, c'est la boîte de Pandore, et comme tout ça me dégoute, je veux me taire.

Cependant, les médias ont été très courtois, cette fois-ci du moins. Et puis toutes les familles se sont précipitées pour dire que Véronique était une excellente mère. La mère dont je parle aussi. Tout le monde le dit. Il est choquant pour tous ses proches (tous) qu'elle soit critiquée. Bon, il faut dire qu'elle est morte (pas Véronique Courjault).

Mais le problème est que c'était, vu sous certains angles, une bonne mère. Et c'est bien là la hic. Dans la dualité. Dans le lien entre le bien et le mal. Son mari m'a écrit, un jour, une lettre sur le sujet. Il m'y rappelle qu'elle m'a toujours nourri. Qu'elle s'occupait de mes vêtements. De mon bien-être. Elle avait peur pour moi. Elle se souciait de moi. Tout cela est absolument et totalement vrai, je n'ai pas l'ombre d'un doute sur la question.
Je suis sûre que Véronique Courjault s'occupe bien de ses deux fils. Peut-être même trop bien. Elle s'occupe bien de ses deux fils, et elle a tué trois bébés. Comme ça reste tout de même un crime, elle aurait du être punie. Ou alors on va faire ça avec tout le monde : oui, il a braqué une banque : mais c'est un père attentif. On peut très bien braquer des banques ou trafiquer des substances illicites et être un super papa. Non?

Florence Rey a fait 15 ans de prison pour le meurtre de 4 personnes et vient de sortir, mais elle n'est pas Mère. Et puis c'était des vraies personnes, pas des foetus à peine nés.

Bon, je crois que je ne pourrais rien émettre de plus cohérent sur le sujet. Ce n'est pas un sujet pour moi.

mercredi 24 juin 2009

Les pays pauvres n'existent pas

Je m'en doutais, bien que n'ayant pas fait d'études sur la question, mais le rapport du Comité catholique Contre le faim et pour le développement me le confirme : les pays pauvres sont des pays riches pillés.

Et cette ignominie se fait au vu et au su de tout le monde.

Les peuples volés par leurs dirigeants ne sont défendus par personne.

C'est une véritable honte.

Nombre de pays européen refusent de coopérer, ils mettent des obstacles qui trouvent peut-être leur fondement dans la loi, mais qui pourrait être dominés avec un peu de bonne volonté : mais non. Non. On ne fait pas preuve de bonne volonté.

C'est cela qui devrait nous dresser, en colère. Si les pays spoliés récupéraient leur argent, les immigrés qui fuient la misère pourraient construire leur pays. Ils deviendraient des partenaires et non plus des objets de mépris suffisant ou de pitié paternaliste.

Je suis écoeurée par ce monde.

dimanche 21 juin 2009

Iran

La situation me semble dramatique, mais pas seulement à cause des affrontements. Il y a assurément en ce moment un ras-le-bol total des Iraniens, mais les rats se précipitent pour exploiter ça et je ne suis pas certaine que la liberté en sorte grandie. Si les partisans de Moussavi gagne, je pense que celui-ci, qui n'a jamais remis en cause le régime, mais seulement les élections, saura fort bien se débarrasser des opposants aux régimes. J'ai lu aussi que les Moujahidine du Peuple, une organisation qui a réussi à se faire extraire de la liste des organisations terroristes, recommence à s'agiter, peut-être veulent-ils confisquer le mouvement pour eux? Sauf qu'ils sont tout aussi autocratiques que les autres.
Dans ces périodes de troubles, nombreux sont ceux qui peuvent en profiter pour se positionner et augmenter leur audience et leur pouvoir. ça n'est pas une spécificité iranienne. J'espère que ceux qui se battent dans les rues ne s'attendent pas à plus de liberté, mais seulement à un changement de leader, sans quoi ils risquent d'être terriblement déçus...

vendredi 29 mai 2009

Coupat : pas coupable, mais qu'est-ce qu'il est con

Julien Coupat, à la question : Vous définissez vous comme un intellectuel ou un philosophe?

La philosophie naît comme deuil bavard de la sagesse originaire. Platon entend déjà la parole d'Héraclite comme échappée d'un monde révolu. A l'heure de l'intellectualité diffuse, on ne voit pas ce qui pourrait spécifier "l'intellectuel", sinon l'étendue du fossé qui sépare, chez lui, la faculté de penser de l'aptitude à vivre. Tristes titres, en vérité, que cela. Mais, pour qui, au juste, faudrait-il se définir?

J'ai eu du mal à tout lire, je l'ai fait en deux fois. Ce type s'écoute parler, c'est écoeurant. Peu importe qu'il dise des trucs pas faux du tout, c'est un prétentieux, je suis dégoutée d'avance de le voir à la télé.

Autre extrait :

La prison est bien le sale petit secret de la société française, la clé, et non la marge des rapports sociaux les plus présentables. Ce qui se concentre ici en un tout compact, ce n'est pas un tas de barbares ensauvagés comme on se plaît à le faire croire, mais bien l'ensemble des disciplines qui trament, au-dehors, l'existence dite "normale". Surveillants, cantine, parties de foot dans la cour, emploi du temps, divisions, camaraderie, baston, laideur des architectures : il faut avoir séjourné en prison pour prendre la pleine mesure de ce que l'école, l'innocente école de la République, contient, par exemple, de carcéral.

La vie en prison miroir de la société : eh bien, il ne doit pas vivre gaiement ce type. Car même si ça remarque est loin d'être stupide, pourquoi diable ne tente-t-il pas de donner plus de gaieté à sa vie? Si vraiment c'est ce qu'il pense de la vie en société et des écoles, si vraiment il croit qu'il n'y a que ça, il lui manque quelque chose, l'aptitude au bonheur, à sourire. Bon, on me dira qu'il est en prison, ça ne rend pas gai. Mais il pourrait rêver à la gaieté de la vie à l'extérieur de la prison. Non, non, dedans ou dehors c'est pareil. Il me rappelle quelqu'un. j'ai eu des amis parleurs....

Je n'en dirais pas plus. Je trouve grave tout ce ramdam autour de lui et n'y voit pas clair. Pourquoi l'avoir arrêté, alors qu'il est visiblement innocent? C'est une énorme bavure. Du coup, ça lui donne une dimension incroyable. Ou alors, Sarkozy veut recréer une mouvance anracho autonome pour justifier une politique sécuritaire? Enfin il y a un truc. cette histoire est ridicule de bout en bout.

dimanche 17 mai 2009

Les évêques bénissent le délit de solidarité

Comme le note Marie, Bruno Roger Petit évoque sur le Post la surprenante (surprenante est une façon de parler) différence de traitement entre les propos du pape sur le préservatif, qui défraient systématiquement la chronique, et la défraieront encore, car l'Eglise ne changera pas sa position, la même depuis 2000 ans, qu'on l'apprécie ou non, et le silence qui entoure son attitude à propos des sans papiers.

Voilà le communiqué de presse auquel il se réfère.

Les personnes migrantes en situation irrégulière voient s'accentuer leur précarité en raison de la crise internationale. Certains d'entre nous exercent à leur égard la présence humanitaire élémentaire qui s'impose avec conscience et fidélité. Mais ils se sentent suspectés au motif de cette proximité : contrôles fréquents, mises en garde à vue, rappels à la loi.

Ces acteurs de terrain sont accusés d'agir par passion ou naïveté, voire soupçonnés de faire le jeu de filières, de passeurs. Nous ne pouvons nous résoudre à ce que ce climat de suspicion démobilise ceux pour qui la solidarité n'est pas un vain mot.

La fraternité à laquelle nous aspirons est bien un principe de notre République, et aussi un guide majeur de la pensée sociale de l'Eglise catholique.

L'État et les collectivités locales ne peuvent assumer à eux seuls de tels engagements envers les populations vulnérables. Ils doivent s'appuyer sur le tissu associatif afin de servir la cohésion et le vivre-ensemble.

Nous sommes alertés et vigilants sur cette atteinte aux initiatives d'actions solidaires. Nous pensons que cette situation nécessite l'ouverture d'un débat avec nos élus. Nous demandons une réflexion qui intègre tous les aspects de ce grave problème.

« L'Eglise se sent le devoir d'être proche, comme le bon samaritain, du clandestin et du réfugié, icône contemporaine du voyageur dépouillé, roué de coups et abandonné sur le bord de la route. » Jean-Paul II - message pour la Journée des migrants et des réfugiés - 15 janvier 1997.



Mgr Michel SANTIER
Evêque de Créteil
Président du conseil pour les Relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux

Mgr François GARNIER
Archevêque de Cambrai
Président de la commission pour la Mission universelle de l'Eglise

Mgr Claude SCHOCKERT
Evêque de Belfort-Montbéliard
Membre de la commission pour la Mission universelle de l'Eglise


Il me semble qu'il est toujours plus facile et stimulant de critiquer, quelle que soit la personne ou l'institution que l'on critique. Stigmatiser l'Eglise est par ailleurs un réflexe quasiment conditionné de gauche, dont l'histoire est peut-être partiellement à écrire.

Pourtant, un peu de lucidité siérait à toutes les consciences : se confronter à toutes les diées, même les plus éloignées des siennes propres, tenter de comrpendre l'autre, en allant au fond de la complexité de sa pensée, voilà qui est toujours intéressant ; cela ne signifie pas partager sa pensée.

Il y a encore à dire sur l'attitude de l'Eglise elle-même, zut, pas le temps !

lundi 11 mai 2009

Le pape appelle à la création d'un état palestinien indépendant

Eh bien... Encore que si seuelment Israëliens et Palestiniens pouvaient cesser d'être instrumentalisés et s'entendre...

Non non j'ai rien dit, c'est trop difficile... je rêvons pas.

Déjà, un état indépendant, ça serait pas mal. Quoique. ça ne résoudrait aucun problème : quoiqu'on en dise, une poignée d'irréductible ne veut rien moins moins que la disparition totale d'Israël.

Je suis tombée sur le site du parti sioniste (le parti de Dieudonné qui fait crier tout le monde). On y voit une vidéo intéressante, celle d'un rabbin anti sioniste, pour des raisons que j'ai déjà entendue soutenir par certains juifs. Cela dit, les idées de ce rabbin, fort intéressantes, concernent Israël, c'est un problème que les Israëliens doivent débattre, à la limite, mais pas les nations étrangères.
J'ai du mal à comprendre comment, dans des élections européennes, on peut rationallement soutenir ou même présenter un parti qui se préoccupe d'affaires totalement non euroépennes. Bon, le parti les européanise, ces affaires extra européennes, en supposant que les sionistes influent sur la politique européenne.
Le raisonnement du parti est le suivant :
- Il existe un mouvement sioniste
- Il pèse sur la politique euroépenne
- Or, ce mouvement est raciste (d'où l'intérêt d'avoir un rabbin qui le dit, que c'est raciste)
- Donc, ce n'est pas bien (qu'un parti raciste pèse sur la politique européenne)
- Donc, il faut lutter contre.

Qu'Israêl ait une influence sur la politique européenne, n'a rien de surprenant. Les pays s'influencent plus ou plus tous diplomatiquement. Que le sioniste soit un fascisme, je ne suis pas d'accord. On doit cependant, et facilement, pouvoir trouver des dérives fascisantes. Mais pas seulement dans le sionisme... Et Israël reste une démocratie. Avec les défauts des démocraties.

bref, pourquoi je me casse la tête avec ça?

parce que le problème israëlien reste pendant, tout de même. Pendant qu'on parle. Pendant que j'écris.

vendredi 8 mai 2009

Pub RSF

Je découvre sur le site des Chiennes de garde, une pub incroyable de RSf : J'en suis étonnée, car je suppose que le choix de l'image a été fait à plusieurs, en concertation. la pub semble dire que, quand elle l'a cherché, on peut frapper une personne (qui pis est, une femme, en l'occurrence, ce qui donne une dimension sexiste à cette apologie de la violence). Est-ce du deuxième degré? je ne comprends pas !

lundi 13 avril 2009

Divers

Renovatio occidentalis c'est fini. Couic. Ils se sont disputés.

A part ça, un point pas mal sur la Thailande, je comprends la suite des évènements et ça va me permettre d'en chaîner... Plus tard...

lundi 6 avril 2009

Renovatio occidentalis




















(Image trouvée . Cest affreux, c'est un site catho. Mais du catho qui pense. Je ne partage pas toutes leurs analyse, pour celles que je connais : encore un site d'intellos. J'aime le logo. Explication du logo en bas)





Aaaaaaaaaaaaaaaah, enfin il se passe quelques choses ! ces messieurs beaux parleurs se disputent, s'agitent, et certains créent d'autres groupes.

Bon, je dois dire que leurs subtilités m'échappent un peu, voire totalement, mais ce qui est très intéressant, c'est la façon dont ils envisagent l'islam et le monde musulman. Une façon qui a comme caractéristique essentielle son côté théorique. Enfin, c'est l'effet que ça me fait. Dans les grands jours, ils doivent citer Tarik Ramadan... Le penseur français dans toute sa splendeur, voire parisien. Bon, il sait bien qu'il y a des gens qui ne vivent pas en France, on l'en a averti théoriquement, mais il conserve tout de même le sourire : ces gens qui ne sont pas français, ils ne font pas exprès.

En face, on a le paternaliste de gauche, les arabes et les noirs sont tous gentils ! Cela ne me paraît guère satisfaisant non plus.

Il va de soi que je réduis de façon tout à fait éhontée la subtilité de leurs analyses. Ils ont un dessein plus noble. On peut le lire . ça fait un peu chacun dans sa civilisation et les vaches seront bien gardées. Mais attention, je trouve ça intéressant. Les débats d'idées sont, par essence, intéressants et instructifs. Surtout pour moi, qui ait du mal à synthétiser.

La meilleure analyse est faite par Toréador.

Je suis ravie de cette initiative. Je vais au moins comprendre les points de vue de Français sur le monde arabe. ça m'aidera peut-être à clarifier le mien. Sauf que le mien part d'un point de vue différent : celui de la vie, de l'expérience, une expérience assurément limitée, mais tout de même. Une expérience qui, pour l'instant, ne m'a amené qu'à un seul point de vue : on ne peut pas si facilement parler de monde arabe, ou de monde arabo-musulman. Il est si multiple et divers que son apparente cohésion ne vient que du regard extérieur que l'on porte sur lui.

Mon analyse de leur texte :


Ne nous y trompons pas : la haine de soi, la repentance mémorielle, le relativisme culturel impliquant la dévalorisation de l’histoire et de la culture européenne et occidentale, la dénatalité, mais également la crise de l’éducation, de la culture, de la jeunesse d’une manière générale, la crise de la famille, des phénomènes comme le hooliganisme, le consumérisme, la toxicomanie, le communautarisme, les problèmes environnementaux, les bandes, les inégalités sociales, le développement de l’obésité, la perte des valeurs morales, ne sont pas des problèmes séparés entre eux, mais les symptômes d’une crise de civilisation dont souffre l’Occident, et qui semble aujourd’hui atteindre son paroxysme avec la crise économique que nous connaissons.

Il y a énormément à dire... Pff, c'est insupportable (tant de choses à dire et moi qui n'ait pas le temps et bloque). Sur l'aspect moral, la crise des valeurs, je renvoie à un ouvrage de Tzvedan Todorov, hop, plus facile, le jardin imparfait. Je m'étais dit que je le résumerai. Aie, aie, ma paresse. On verra si j'ai le temps.

Pour le reste, toutes ces histoires de crise... eh bien cette crise me semble imaginaire. Pas la crise économique, mais tout le reste. Imaginaire. Oui. Sors de France, viens voir ailleurs, et tu verras que tout fout le camp partout, y compris dans les pays musulmans.

Attends je reformule. En version qui va bien.

La crise de l’éducation, de la culture, de la jeunesse d’une manière générale, la crise de la famille, des phénomènes comme le hooliganisme, le consumérisme, la toxicomanie, le communautarisme, les problèmes environnementaux, les bandes, les inégalités sociales, le développement de l’obésité, la perte des valeurs morales, ces phénomènes doivent-ils être limités, dans leur extension, et, partant, dans leur analyse, au seul monde occidental? je ne le crois pas. Mais alors, me dira-t-on, pourquoi n'en parle-ton pas hors d'occident, pourquoi la presse des pays non occidentaux n'évoque-t-elle pas ces mêmes phénomènes?

Oooh, ne le dites pas : je crois pouvoir affirmer que dans la plupart des pays non- occidentaux, la presse est muselée... Si, si, si : elle est muselée : il ne faut pas la croire. Non?!? dites vous. Si ! réaffirmé-je. Un scoop. On ne peut donc pas se fier à ce que les presses ne disent pas pour examiner ces phénomènes. Certes, ils existent dans les pays occidentaux. Mais ailleurs : aussi. Ce qui serait intéressant, c'est d'effectuer des comparaisons.


Face à l’évolution du monde, nous, blogueurs occidentalistes francophones, estimons nécessaire pour les nations occidentales de s’unir politiquement, afin d’être plus fortes, et ainsi de pouvoir faire face aux défis du XXIe siècle. Pour autant, l’Occident ne pourra se passer d’une refondation morale.

Pour la refondation morale, je ne sais pas... mais pour l'union qui fait la force, je suis d'accord. Si les Etats-Unis déclinent en tant que puissance mondiale, moi qui les connais un peu, je préfèrerais éviter que l'Iran devienne leader... ou un pays arabe dirigé par un gouvernement autoritaire, ce qui est le cas de tous, actuellement. Je rappelle que l'Iran n'est pas un pays arabe. Cela dit, pas besoin de droite ou de gauche ou de refondation morale pour ça.

Renovatio occidentalis s'oppose à 4 idéologies. Je n'ai pas le temps de donner mon avis sur toutes, du reste on s'en fout, mais là réside leur faiblesse (mais c'est pas grave, du moment qu'ils s'expriment) : je ne vois pas comment on peut bâtir une réflexion sur une opposition. On peut débattre, mais si on dit non, on a raison, on fait bien, mais on ne crée pas.

En tout cas, quelque chose bouge. Il faut espérer que les blogs de gauche bougent aussi, et sortent (ou alternent) avec l'anti sarkozysme : oui, Sarko est pénible. Mais eux non plus ne peuvent bâtir un débat ou une réflexion vraiment constructive sur une opposition. En revanche, c'est marrant de critiquer Sarko, admettons. J'adore, en fait. Mais bon, intellectuellement, ça n'est pas responsable.

Oui, en même temps, je devrais tenter de rédiger plus structuré... Et pas comme ça au fil des mots.. bon tant pis.





Explication du logo :
Cette inscription arabe présente le même texte écrit deux fois, d'abord de droite à gauche, puis à l'envers dans un effet de miroir. Il dit

"LUI, leVivant, l'Eternel"

Tous, chrétiens et musulmans peuvent le dire, l'écrire, se souvenant que Dieu, LUI, est au-delà de tous les noms que nous Lui donnons... Au-delà de nos systèmes religieux, Dieu reste... LUI-même.
Face à face comme les signes de cette inscription, chrétiens et musulmans ont souvent l'impression d'aborder le mystère de Dieu... à l'envers les uns des autres !

Un effort est donc à faire pour SE COMPRENDRE

Il est bien facile de se combattre et de se condamner mutuellement. Chrétiens et musulmans l'ont fait pendant des siècles et continuent de le faire actuellement. Le monde ne s'en est pas trouvé plus paisible pour autant.
Bien au contraire. Dans un monde toujours plus désireux de communiquer, le plus urgent n'est pas de parler, mais de mieux comprendre l'autre dans l'espoir de s'en faire comprendre à son tour.

vendredi 27 mars 2009

Exil

Vous partez de chez vous. En emportant peu de choses. Sauf vous, vos souvenirs, votre façon de vivre, et quelques bien matériels.

Quand vous arrivez ailleurs, loin seul, vous êtes dans un endroit qui tarde à prendre sens. Les rues, maisons, voitures, horaires, habitudes, tout vous est étranger. Légèrement menaçant. En vous mêmes, vous mesurez la distance entre votre passé, vos souvenirs, l'univers d'avant, dans lequel vous étiez et qui était vous-mêmes, et ces lieux étranges, nouveaux, pleins de bruits différents, les voix aussi sont différentes, et la langue.

Tout doucement la nouveauté s'apprivoise. Elle devient banale. Elle devient votre vie. Mais seulement extérieure. A l'intérieur, vous êtes celui d'avant, celui qui est parti. Vous vous lavez comme avant. Vous mangez comme avant. Vous recherchez les saveurs d'avant. Parfois, localement, vous en découvrez de nouvelles, mais les saveurs de votre enfance ont toujours un charme plus doux. Vous vous habillez comme eux, c'est pratique et discret, mais ça n'est qu'une deuxième peau.

Vous rencontrez des gens, certains sont sympas. Vous allez vers eux. Pour aller vers d'autres, il faut toujours s'oublier un petit peu. Comme ils sont très différents, malgré leur bonne volonté, vous vous oubliez beaucoup. Ils sont si sympas - ne serait-ce que d'exister, car ceux qui ne sont pas sympas sont effrayants dans leur bêtise innaccessible. Par prudence vous gommez une, deux trois, quatre différences importantes, ces nuances parfois si difficiles à supporter, et, dans cet univers en bleu et vert, vous vous avouez à vous même qu'il est facile, commode et logique d'être vous mêmes fort bleu et vert.

Mais le temps d'avant vous manque et vous revenez pour un temps chez vous, dans le pays quitté.

Qu'il est étrange. Qu'il est plat. Il a changé depuis votre départ. La maison au coin de la rue est détruite, c'est un supermarché. La rue de l'école s'est élargie, on dirait une autoroute. Il y a moins de jardins. Tout est cher. Vos amis sont étranges. Leur regard vous fuit. Ils vous trouvent différent. Ils pensent que vous êtes comme eux, comme les autres, celui du pays là bas. Comment est-ce possible? Vous n'êtes pas comme ceux de ce lointain pays, vous êtes d'ici, avec les vôtres, mais les vôtres sont un peu autres. Vous ne les reconnaissez plus. Eux non plus ne vous reconnaissent pas.

Alors vous frimez ; vous les éblouissez. L'argent. Le confort. La modernité. Certains sont épatés. D'autres jaloux. Quand vous rentrez de cet ancien chez vous, pour regagner votre nouveau pays, celui-ci vous parait étrangement familier.

Mais pas tout à fait ; car vous y restez autre, et on vous le fait sentir. C'est peut-être votre peau, dont la nuance n'est pas la bonne, ou vos cheveux, ou votre taille, vos gestes, votre attitude, votre façon de bouger, votre accent.

Parfois, cela n'a pas d'importance. Parfois, cela prend tout l'espace de votre personne. D'où êtes-vous?

Etranger, ici, étranger là bas, étranger à jamais sur la terre : l'exil est un voyage dont on ne revient jamais, et qui parfois ne mène nulle part.

jeudi 26 mars 2009

Immigration

Un post .

Du coup, pleins de trucs à dire.

1. La politique des gouvernements peut s'expliquer, je suppose, en considérant qu'il n'y a "pas assez de travail pour tout le monde". Mettons. Mais comment peut-on croire que l'on va vraiment produire un effet? Des millions de gens désespérés, fuyant des vies sans espoirs, arrivent en Europe. On les met dehors, mais d'autres reviennent. Leur impulsion est si forte, et si irrationnelle, comment croire qu'une loi et la police peuvent lutter contre? Pour moi, ils suivent des rêves, des espoirs, c'est leur coeur qui les guide, et le désir, de tout être humain, d'une vie meilleure. Ce désir ne peut être contrôlé par des moyens humains.

2. Moi aussi, à ma façon, j'ai fui un tel pays, dont je n'étais pas citoyenne. Ce désespoir, ce sentiment d'être en prison, limitée, contrainte à la petitesse, à la mesquinerie, à une vie sans espoir, je l'ai éprouvé. Hop, merci, je renvoie ENCORE à Moncef Marzuki. Il compare ces gens qui confisquent le pouvoir à leur concitoyen, pour s'en mettre plein les poches, à des prédateurs.
On ne s’empare pas seulement de l’essentiel de la richesse mais aussi de tous les honneurs, de toute la dignité qui n’est plus une caractéristique intrinsèque de la personne humaine, mais une faveur concédée aux serviteurs et refusée aux traîtres et autres ennemis.
Ce sont des prédateurs d'âmes, et quand on vous bouffe votre âme, vous mourez lentement, de l'intérieur. C'est insupportable. Il ne s'agit pas de pauvreté, pas seulement. Si moi, étrangère, j'ai ressenti cela, combien plus doivent le ressentir les citoyens du pays. C'est le désespoir qui les fait partir, et rien n'arrête des désespérés sur le chemin de l'espoir. Même s'ils rêvent. Et d'ailleurs ils ne rêvent pas. En Europe, ils peuvent espérer une sorte de miracle, et se dire que bon, là, ça ne va pas, mais un jour ils seront comme les Français, Anglais...

3. Une commentatrice, noblement enveloppée dans de beaux pensers, cite son prof de philo : Finissons sur une question d'Alain Badiou à mon premier cours de philo : "au nom de quoi pouvez-vous décider que telle ou telle personne a le droit ou non d'habiter dans un pays ? Au nom de quoi pouvez-vous refuser à un Malien par exemple de travailler, de se loger, de vivre en France ?"

Beau, hein? Mais je ne comprends pas. Une société est un groupe de personne, qui ont ensemble un contrat social. Si le groupe refuse d'accepter un autre membre, certes, ce n'est guère "gentil", mais c'est comme ça. Au nom de quoi, de mande ce prof. Mais au nom d'une décision commune. C'est le type même du faux problème. Si tout le monde est d'accord pour que personne ne rentre dans le pays, eh bien personne ne rentre. C'est peut-être regrettable, mais c'est comme ça.

4. En fait le problème vient de ce que tout le monde n'est pas d'accord (en plus du fait que tenter de stopper ce mouvement, qui d'ailleurs diminue un peu, n'est pas le fait d'une décision rationelle, la décision rationnelle s'épuise contre les espoirs humains). Alors, si tout le monde n'est pas d'accord, il faut en discuter. Accepte-ton tout le monde? Oui? Non? je ne sais pas. Je ne sais pas. Mes copines, on les fait rentrer, sûr.

5. et après il y a le problème de l'intégration. Aaaaaah, l'intégration. J'ai fait quatre pays sans m'intégrer, mais moi j'ai la nationalité qui va bien. Les Bretons sont -ils intégrés? C'est quoi une personne intégrée? En tant que Française, suis-je intégrée? Plutôt désintégrée, je ne suis plus une vraie Française. Quels sont les critères? Chanter la Marseillaise? Dans deux secondes, on va retomber dans le problème du voile. Le mieux, avec l'intégration, ce serait d'arrêter d'en parler. Est-ce que le père de Sarko était bien intégré? Non, non, l'intégration, ça n'existe pas. C'est du jacobinisme. On n'en parle même pas.

Le lien pour Moncef Marzuki. On ne sait jamais, que Ben Ali l'oblige à fermer le site. C'est pour ça que j'ai fait une copie du texte.

mardi 24 mars 2009

Barack et sa vanne

Personnellement j'ai été choquée par la blague de Barack Obama, mais en lisant ce post je songe à tout autre chose. J'ai donc passé plus de 5 ans dans un pays qui pratiquait le politquement correct, voire la schizophrénie dans le discours d'une façon autrement plus poussée qu'en France. Le Président n'en était appelé que par des sourires, allusions et pronoms (Tu sais qui, lui, l'autre, là, certains, etc) . Bon, passe encore. Mais lorsque quelque chose était mal fait, il ne fallait pas prononcer de paroles politiquement incorrectes, sauf si l'on avait l'ethnie pour (et encore). On ne pouvait pas faire d'allusion au fait qu'"ils" travaillaient généralement avec inefficacité. Je me suis pliée à tout cela, contrairement à mon mari. J'ai bien voulu admettre que le système d'éducation comportait des carences (c'était assez évident par ailleurs). Il était évident que la colonisation avait laissé des traces profondes. C'était évident aussi. Au final, on ne pouvait plus rien dire, d'ailleurs on s'est sauvé en courant. Mais je me suis plié au truc, j'ai compris, du reste tout ceci est compréhensible.

Mais par ailleurs, je sais aussi que l'on peut transcender son destin, donc qu'il est, vu sous un autre angle, abusif d'accuser le système scolaire ou la colonisation (ou Bush). Mais là bas, on ne pouvait pas le faire. Au mieux, on balayait devant leur porte.

Quoiqu'il en soit, cetter acrobatie mentale ne m'a pas été agréable. Mais je suis encore dedans. Pourtant, elle est partiellement mensongère. Le rire permet de se libérer de pas mal de choses, mais je ne peux pas rire. Pourquoi? Rire signifierait que je garde mon opinion pour moi, mais que je peux dire n'importe quoi, même un truc politiquement, ethniquement incorrect. Le dire, pas forcément le penser. Mais je ne peux pas. Peut-être est ce que j'ai trop entendu certains Français le faire, et que je ne veux pas être assimilée à ces gens-là?

Je perçois aussi la souffrance, même quand elle n'est pas dite. Je n'arrive pas à passer dessus. D'où vient le poids que portent tous ces gens, qu'ils ne parviennent pas à soulever, au moins dans leur propre pays? D'où vient qu'autant de compétences soient irrémédiablement gachée par l'impossibilité de se mettre en valeur? Faut-il en revenir aux traumatismes évoqués par Moncef Marzouki?

Et pourquoi ne puis-je en rire?

jeudi 19 mars 2009

Ce que les hommes ne savent pas des femmes

Un post très sympa, tendre, poétique... et technique, un peu : ce que les hommes ne savent pas des femmes, par Charles Chester.

mardi 17 mars 2009

Cléopâtre

pis c'est tout because merde j'ai des trucs à faire.

Alors, jetant un coup d'oeil sur Wikio, pour trouver des trucs un peu stimulant à lire, j'ai l'oeil attiré par cette discussion au titre accrocher : la connerie du jour : est nominé le Monde.

Ah ah, me dis-je, ça va bien, de critiquer le Monde, ça va changer un peu.

Il s'agit d'un article du Monde, évoqué par deux blogueurs.

Celui-là, dont l'agacement m'en rappelle d'autres, s'agace de ce que le Monde annonce que, selon des scientifiques, Cléopâtre aurait des origines africaines.

Deux raisons à son agacement : d'abord, les harems royaux (bon alors je pinaille, harem est un mot postérieur, donc ça doit plutôt mériter le nom de gynécée, peut-être même que ça n'a pas de noms historiques, enfin je ne suis pas trop sûre) étaient plein de dames d'origines diverses, donc ne nous étonnons pas que Cléopâtre ne soient pas d'origine européenne. Sa mère poouvait venir de Perse, d'Afrique, de Grèce, de plein d'endroits.
Deuxième agacement : l'auteur soupçonne le monde de vouloir refaire le coup du métissage qui améliore les races.

Bon. Lecture de l'article du monde. Dans lequel j'apprends que, selon le journaliste, et là je ne vais pas me refaire toute la bibliographie sur les Lagides, je ne peux matériellement pas (mais j'enrage) Cléopâtre était considérée comme ayant des origines européennes.
Je bous, mais je ne commente pas, après c'est mieux.
Ma curiosité m'amène sur le deuxième blogueur, qui me pétrifie. Son titre : Imposture médiatico scientifique de la BBC : Cléopâtre serait d'origine africaine.
Pour ce blogueur, il est inadmissible que Cléopâtre soit d'origine africaine, et il s'appuie sur plusieurs statues, qui selon lui montrent qu'elle avait un "type européen". Cléopâtre n'est donc pas africiane, elle doit être euroépenne, et si on prouve qu'elle était africaine, c'est par "métissolâtrie".


Je resitue. Les Lagides se sont installés en Egypte à la fin du IIIème siècle avant notre ère. Ils sont d'origine macédonienne et de culture grecque. Cléopâtre est née 250 ans ans après. Comment peut-on imaginer qu'en 250 ans la famille soit resté de "race" (race, c'est quoi une race, ça me fait penser à Zemmour, et sa "race noire", elle est où sa "race noire", en Inde, en Afrique, en Amérique du Sud, ah non, pas Amérique du Sud, et les Africains qui ont la peau de la même couleur que les Indiens, et les Indiens noirs dont la soeur a une peau miel, et les Indonésiens miels qui ont la peau de la même couleur que des Afghans, la race noir, il n'y a que la couleur de peau ou on regarde aussi d'autres caractéristiques physiques comme la taille, les yeux, le nez, il faut être blanc pour voir des Noirs partout, dès que l'on sort d'Europe, les Noirs disparaissent, dans l'immense variété de physionomies de peau dont la seule caractéristique est, en effet, d'être non blanche, on ne sait plus où sont les Noirs, les Noirs Noirs, les Noirs bruns, les Noirs miel, les pas Africains mais très noirs..., les asiatiques noirs comme des Gabonais mais moins que des Ethiopiens, on s'y perd, c'est comme les blonds) de race, disais-je européenne, sans que jamais une femme ou un homme africain, perse, méditerranéen, arabe (d'arabie, la conquête et la, toute relative, arabisation "raciale", - puisque les conquérant étient peu nombreux, comme les Francs, qui n'ont pas germanisés la gaule, bien qu'ils l'aient conquises - n'ayant eu lieu que sept siècles plus tard) ne se marie ou n'ait un enfant avec un Lagide !!! Je voudrais bien qu'on me prouve, comme l'affirme bêtement le journaliste du monde, que les historiens sont d'accord sur la "race" (européenne) de Cléopâtre qui doit être un souci mineur, pour elle comme pour les autres lagides, on étudie les textes, les actes, les faits, pas la race.
Du coup je découvre, avec l'autre blogueur, que pour certain il est plus important que tout que Cléopâtre soit européenne, et que si elle ne l'était pas, cela ne pourrait être qu'un mensonge du à la métissolâtrie. Quel est le souci? Qu'est-ce que Cléopâtre ne doit pas être? Doit-elle ne pas avoir une goutte de sang noir? Doit-elle ne pas avoir une goutte dans sang arabe? Doit-elle ne pas avoir une goutte de sang perse? A-t-elle droit à un peu de sang méditerranéen sud? Ou, non, ça doit être uniquement du sang de la Méditerranée du Nord? Quand on sait que cette zone est une zone de commerce et d'échange, que les peuples d'Afrique (noire), de la péninsule arabe, de Grèce, de Perse y viennent échanger leurs produits, comment peut-on croire à ce point que dans les veine de Cléopâtre ne coulent pas toutes sortes de sang de provenance diverses? D'ailleurs, à force de parler de sang, j'ai l'impression que c'est l'Aid. Quelle est cette importance folle accordée au sang, au métissage et au non-métissage? faut-il que le métissage soit "bon" ou mauvais"? faut-il que le non métissage le soit? Et il s'agit du métissage du sang... je vais avoir mal au coeur....

Dieu.....

Bon, voilà, non plus je ne suis pas d'accord.

Les religions se sont politisées et sectarisées. (lit-on).

Il y aurait donc eu une époque bénie durant lesquelles elles ne se seraient pas politisées? Pour les autres, je ne sais pas, mais pour le christianisme, hélas, hélas, c'est très vieux, et dès qu'on met le nez dedans, c'est très moche. ça commence avec l'adoption de la religion chrétienne par Constantin. Certains croyants de l'époque ont eux même vu la dérive. L'empereur a utilisé le réseau religieux pour contrôler la société sous l'empire. A l'intérieur de l'église, les luttes ont toujours été vives et violentes entre les politiques et les purs.

Cela dit, sur le reste du post, je vois encore là un truc très simple (et qui me démoralise complètement). Les êtres humains tendent naturellement à se contrôler les uns les autres. les religions, et les sectes sont une manifestation de cette tendance de la nature humaine.

Urne et Cie.

Bon, aujourd'hui, sur Femmes engagées (le blog que je ne devrais pas lire, je bondis presque tout le temps, mais ce n'est pas une critique, hein, c'est moi, je bondis tout le temps), j'ai lu plein de trucs... plein plein plein. Qui m'ont fait, donc, bondir.

Mais je ne sais jamais où retomber, c'est le problème. J'ai même laissé un comm très long, puis un deuxième que j'ai effacé, je déteste cette sensation vieille comme moi, d'être toujours en désaccord avec tout le monde sur tout. Enfin pas toujours mais souvent. Très souvent. Avant, je me disais que j'étais parisienne, mais j'ai quitté Paris il y a longtemps. je ne suis plus parisienne, mais je suis toujours à pinailler sur tout. Et comme je le dis, je ne sais pas où je retombe.

Bon alors là c'était ça.

Voilà comment j'ai compris ce post, très intéressant. On vote pour des hommes politiques, mais en fait, le système est si lourd qu'au final, la bureaucratie l'emporte et la véritable pouvoir échappe au citoyen, qui se fait en gros "couillonner " par le système. A la limite, on se dit qu'on élu machin, donc on vit en démocratie, et on arrête d'y penser. Quand tout d'un coup les machins élus ne sont pas là pour faire voter ou voter contre une loi qui nous semble inique, on crie on râle que c'est pas juste et tout le système est pourri.

J'espère ne pas avoir déformé les pensées de l'auteur. Ce n'est pas mon intention. j'ai utilisé des mots un peu léger, je sais, j'ai un mal de chien à être sérieuse.

Le sujet est tellement ce à quoi je pense tout le temps que forcément je réagis.

Alors d'abord je parle de moi. A cause d'une expérience que j'ai fait. J'ai eu une toute petite responsabilité dans le cadre d'une association, mais cette assoc avait pour diverses raisons un petit pouvoir. Petit, mais pouvoir. Naïve, je voulais (on ne rit pas) Servir la Communauté. C'est l'ennui d'avoir fait des études classiques, on rêvasse toujours un peu sur Périclès, Cicéron...
Alors déjà, la Communauté a présupposé que j'avais des Ambitions Politiques, et elle m'a regardé de travers, en trouvant que je n'aurais pas du en avoir. Je n'en avais pas. Mais on ne me croyait pas. Je voulais Dialoguer, je voulais me Concerter, je voulais Comprendre. J'allais voir les gens chez eux, on me racontait des histoires de madame Machin elle fait que des saloperies, madame truc elle pique dans la caisse, et quand je suggérais aux gens de s'investir, avec moi, pour changer tout ça, ensemble on est plus fort, et même et surtout si on n'est pas d'accord mais qu'on transcende nos différences pour le Bien Commun (si il y en a un qui rit, je le frappe). Je faisais ma Obama, puisque j'ai lu qu'il était comme ça. Tout le monde m'aimait bien, sauf quelques uns, mais ils avaient tous pitié de moi.
Personne ne voulait s'investir. Personne ne voulait même venir à des réunions pour faire des critiques constructives et tenter de trovuer des solutions.
J'en ai eu marre.
J'ai fait à ma façon.
Là, certains ont dit, en gros :"aaaaaaaaaah, on le savait qu'elle voulait faire à sa façon !!!".
Comme j'en avais marre, je les ai méprisé. Un jour, une collègue avec qui nous étions en désaccord mais nous transcendions nos oppositions pour le Bien Commun (il y en a), m'a dit en murmurant : "les gens ne méritent pas ce que nous faisons pour eux".
Je lui ai dit : "Oh ! Comment peux-tu dire ça?".
Elle a raccroché peu après. Et moi, peu après, j'ai compris ce qu'elle voulait dire.
J'ai continué. Je me suis dit que tant qu'à faire, j'allais d evenir pourrie, me présenter à des tas de trucs, être élue, (comme j'ai une tête sympa et une façon de parler gentille, et aussi qu'il y a des tas de façons d'obtenir des votes, légalement), fréquenter des tas de gens, et faire le bien des gens malgré eux.
C'était possible. Il fallait serrer des mains, aller à des cocktails, se récrier en rencontrant des importants, faire soi même l'importante. J'ai tenu un an.

J'ai compris avec horreur que : les gens ne veulent pas s'investir. Si seulement, dans notre petite communauté, plus de gens avaient voulu, non pas même être élu, mais parler, communiquer, donner leur avis, en groupe, dialoguer avec les autres, trouver des solutions : mais les gens voulaient citiquer machin et trucs dans leur salon, mais pas venir avec machins et trucs voir comment on peut travailler ensemble.

Impossible, sauf, naturellement, en période de crise, de mobiliser des gens. Donc impossible d'agir. On est obligé (et il s'agissait vraiment d'un tout petit niveau) de faire des systèmes de compromis avec les autres. On laisse machin à ce poste pour pouvoir avoir truc à cet autre. Machin est protégé par notre adversaire, et on n'aime pas machin. Mais notre adversaire politique est sympa, humainement, il nous faut cet adversaire là, il est plus efficace en adversaire qu'un autre : donc pour garder cet adversaire, on lui concède machin. Et lui il nous concède trucs. Horreur : c'est du compromis ! de la politique !!! Ceux qui ne veulent pas s'investir nous le reprochent, quand on est de retour parmi eux. ET ILS ONT RAISON. Alors là, choix : soit on comprend que ça fonctionne comme ça, et on fait carrière dans la politique, et en fait on rentre dans de subtils jeux de pouvoirs, soit on ne peut pas. Moi, je n'ai pas pu. Moi j'y croyais. Mais on ne peut y croire.

Mais le vrai adversaire, comprenez moi bien, n'est pas l'homme politique qui tisse sa toile de jeux de pouvoir dans le système pour pouvoir durer : il est dans cette masse qui ne veut pas s'investir et qui ne donne pas, par la force de son investissement, une légitimité à l'élu, qu'il soit local ou pas.
Au final, la politique est faite par des hommes de pouvoir, tout aussi malveillants et avides (de pouvoir) que des dictateurs de PVD : sauf qu'ils doivent respecter les formes extérieures de la démocratie. Tout en profitant de la moindre de ses faiblesses.

Et ces hommes de pouvoir, comme Charlemagne ou Haroun Al Rachid (et pourtant, j'ai un gros faible pour Haroun Al Rachid), savent bien que leur adversaire est celui qui, même pour une raison légitime, s'oppose à leurs décisions. Ah, si on pouvait les laisser faire ce qu'ils veulent ! Ils auraient tôt fait de te réorganiser le pays ! Toutes ces structures démocratiques, ces passages obligés !! Comment ruser? j'ai beaucoup apprécié la dernière manipulation de Sarkozy, quand il a brandi l'avis du président de la commission de déontologie pour justifier la nomination de François Pérol : il tentait de contourner le système, en usant d'un stratagème de manipulation pas mal du tout. Un vrai petit Richelieu. Avec Sarko, la lutte contre cet horripilant système démocratique, qui donne aux citoyens un contrôle qu'ils ne veulent pas exercer quand tout va bien (avec la crise ça va être différent, les gens vont se mobilier) a pris une amploeur nouvelle. Il va falloir se méfier, et pourtant, Sarkozy n'est pas ... l'autre, celui chez lequel j'ai vécu longtemps.

Donc, voilà ce qui me perturbe avec ce post. Les hommes politiques abandonnent le pouvoir aux bureaucrates, nous n'avons que l'illusion d'un contrôle du système. Oui. C'est vrai. Mais nous ne nous investissons pas assez, et il ne s'agit pas seulement de voter, mais de participer à des associations, d'aller à la mairie, d'interpeller nos députés, de suivre ce qui se passe à l'Assemblée nationale. Et cela, c'est ce qui tue les démocraties.

Peut-être ce post ne veut-il que faire un triste constat. Mais ce constat doit aussi nous rendre notre part (ça n'est qu'une part) de responsabilité.

Périclès a été élu 15 fois de suite, et comme le disait l'auteur grec que l'on cite tout le temps sur le sujet (Thucydide?), il ne s'agissait en fait que du pouvoir d'un seul, et obtenu par de beaux discours. N'empêche (et la politique de Périclès, surtout étrangère, était discutable) que ce furent les belles années de la démocratie athénienne, celles qui furent responsables de mon propre engagement dans la communauté (2500 ans plus tard). Quand les Athéniens ont cessé de venir voter, supposant qu'il y avait de toute façon quelque chose de pourri dans leur système (comme le prétendaient, non sans raison, les opposants), le système est mort. Les démocrates paresseux se sont fait bouffer par un monarque ambitieux. Je crains que le même sort ne nous guette.

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